Comme chaque début d’année, j’étais invité à la traditionnelle conférence de presse du Réseau Vélo et Marche par nos co-présidentes Chrystelle Beurrier et Françoise Rossignol, qui permet de faire un tour d’horizon sur les politiques cyclables.
L’heure est plutôt au constat d’un recul préoccupant de l’engagement de l’Etat pour soutenir la dynamique des politiques cyclables dans nos territoires.
On est loin du compte. Tandis que le Sénat, dans le budget pour 2026, avait acté une augmentation de 50 M€ au bénéfice du plan vélo et marche 2023-2027, le Gouvernement n’a pas retenu cet amendement dans sa copie finale, revenant au montant prévu initialement : une participation de l’État évaluée à 31 millions d’euros d’autorisations d’engagement et 73 millions d’euros en crédits de paiement.
Pour rappel, le plan vélo lancé en 2023, prévoyait 250 M€ par an pour le développement des aménagements cyclables.
Un budget en trompe l’oeil
Le budget 2026 ne contient en effet aucun nouveau crédit pour le Plan Vélo : c’est le souhait du Gouvernement de mettre un terme au dispositif, un recul inacceptable.
En conséquence : un risque immédiat sur les opérations qui ont trait au vélo en attente de paiement par les collectivités (lauréats des appels à projets des fonds mobilités actives, véloroutes prévues dans les contrats de plan État-région), un coup d’arrêt national à une politique publique qui fonctionne.
Le risque, c’est une fracture territoriale accrue dans les zones peu denses.
Ceci sans compter la réduction de moitié du Fonds Vert qui pèse sur les perspectives de financement des mobilités actives.
C’est ce que j’ai déclaré durant la conférence de presse : le Sénat a pris aux mots la démarche indiquée par le Premier ministre (« le gouvernement propose, nous débattrons, les parlementaires voteront ») mais Sébastien Lecornu n’avait pas précisé la fin de sa formule : « le gouvernement reprendra ».
